Témoignages

Histoires et témoignages inspirants de personnes vivant avec le diabète

B. S… Je suis âgée de 47 ans, je suis diabétique depuis plus de dix ans…

Le jour où j’ai appris que j’étais diabétique, c’était comme un tremblement de terre.

Pour moi à ce moment, ma vie était condamnée… je ne pourrais plus vivre comme tout le monde : c’était ce que je pensais…

En plus, issu d’une famille de diabétiques, j’ai déjà vu les complications du diabète chez certains membres de ma famille qui ne suivaient pas les conseils de leurs médecins traitants et sous estimaient les risques du diabète, comme par exemple ma sœur plus âgée que moi qui me disait que le diabète, c’était une fatalité :  » Pourquoi je me priverais de manger toutes les bonnes choses sucrées, il y a une seule mort  » disait-elle. Elle a continué sur ce rythme et à la fin elle est arrivée à un stade où ses reins ont été atteints par le diabète, et il a fallu qu’elle commence la dialyse…

Cela m’a donné à réfléchir, et j’ai décidé de voir un médecin compétent, pour m’aider à me prendre en charge car je ne voulais pas avoir le même sort que ma sœur, et là je suis allée voir le spécialiste, le Docteur…… que je remercie énormément..

Il m’a donné non seulement un traitement à suivre, mais aussi un régime alimentaire adéquat, et m’a conseillé de l’exercice physique 3 à 5 fois par semaine.

Il m’a surtout motivé pour le suivi et expliqué l’importance du bon équilibre du diabète à long terme…
J’ai suivi ses instructions, et au bout de quelques mois, les bilans du contrôle du diabète et notamment l’hémoglobine glycosylée A1C est rentrée dans la zone normale ou de «sécurité »…

De plus, j’ai ressenti une sensation de bien être que je n’avais jamais eu…et c’est vrai que je me suis senti aussi plus confiant en moi même et dans l’avenir….

Mon médecin traitant a été très content de mes résultats et m’a expliqué que le taux de glucose dans le sang s’est normalisé et que je pouvais me considérer comme une personne normale, et là je suis arrivée à la conviction que le diabète n’est pas une fatalité, c’est une maladie chronique silencieuse certes mais qu’on peut l’équilibrer et vivre comme une personne tout à fait normale….

Un père diabétique qui n’a jamais compris ce qu’est le diabète…

L’histoire que je vais citer est celle d’un homme qui vient de décéder il y a quelques mois. Cet homme a eu le diabète vers la fin des années 80, à cause du surpoids et du terrain diabétique familial.

Dans l’espoir de guérir définitivement un jour, il a passé sa vie à courir derrière le mirage du remède miracle pour une maladie qu’il n’a jamais pu comprendre pour pouvoir mieux l’appréhender et cohabiter avec.

Ses croyances et surtout son ignorance ont été malheureusement exploitées par des charlatans qui ont trouvé en lui une proie facile. Chaque fois, ils lui ramènent une nouvelle recette, allant des feuilles d’olivier ou de noyer, jusqu’au fouette-queue en passant par le marrube blanc, le millet noir et les œufs d’oie. Il a même utilisé des plantes et des mélanges dont il ne connait même pas les nom ni la teneur, parce qu’on lui a miroité qu’elles sont miraculeuses !!!.

La plus part de ces plantes ont un goût amer voir même insupportable ce qui avait des effets probablement néfastes sur d’autres organes. Ne voulant pas se soigner selon les règles de la médecine moderne, il a fini par perdre ce qu’il a de plus précieux : la santé tout court. Il a perdu la vue puis ses reins ont cessé de fonctionner et il a été finalement dialysé pendant 5 ans avant sa mort.

Cette histoire en 2014 me hante et me laisse perplexe. Quel est le responsable de ce drame ? Est ce le caractère simpliste et de refus du patient de se soigner convenablement ? Est ce le manque d’information et d’éducation ? est ce la qualité des prestations des structures de soin ? ou tous réunis ?….

Cet homme c’est mon père. Que Dieu ait son âme.

Diabétique ! Et alors ?

Equilibrer ma nourriture, ne plus manger de sucreries, faire des injections d’insuline régulièrement, en quoi ceci influencera mon existence ?

Que deviendrai-je ? Quel sera mon sort ? Et comment vais-je faire face à cette maladie qui a envahi soudainement, silencieusement ma vie entière sans me prévenir ?

Plusieurs questions défilèrent dans mes pensées quand j’eus appris, il y a à peu près trois ans, que je suis devenue diabétique.

J’avais 15 ans, adolescente espérant croquer la vie à pleines dents, ce fut, certes, un choc qui m’a bouleversé profondément, d’autant plus que ceci avait coïncidé avec les examens scolaires finaux. A chaque fois que quelqu’un, qu’il soit de la famille ou de mes amis proches, l’apprenait, il était désolé et éprouvait une certaine compassion qui ne faisait que détériorer mon état psychologique.

Déçue par les réactions de mon entourage, à l’exception de mes parents, j’ai décidé de prendre les choses en main, et de choisir la bonne voie qui me mènera vers une vie saine, sereine, sans que personne n’y intervienne. J’ai cherché, sur internet, sur des livres, toute information pouvant m’aider à dépasser cet obstacle. C’est ainsi que j’ai pénétré le vrai monde du diabète : j’ai compris ce que c’est que cette maladie, ses conséquences, mais surtout les précautions inévitables qu’il faut prendre. J’ai compris qu’il fallait essentiellement prendre au sérieux les injections d’insuline qui permettront de diminuer ma glycémie, éviter les sucreries et les plats très gras, insister davantage sur les légumes, les fruits, les viandes grillées tout en équilibrant les quantités et faire du sport autant que je peux. A ce moment là, j’ai compris que cette maladie n’est pas un cauchemar comme tout le monde le croit, mais plutôt une occasion pour mieux gérer sa vie, être plus organisé, et surtout se sentir en bonne santé. 

Cependant, j’ai rencontré certaines difficultés : pendant des soirées, des rencontres ou même les petites sorties entre amis, j’ai eu des envies, voire même des besoins de partager des délices sucrés et de jouir pleinement de ces moments de bonheur. Je pouvais m’en passer des fois, mais je ne pouvais éviter certains excès. Je me disais finalement que j’étais un être humain, ayant des désirs et des envies, mais l’être humain raisonne aussi et ne court pas aveuglé derrière ceux-ci.

Maintenant que j’ai 18 ans, le diabète ne représente plus une partie sombre et obscure de ma vie, il ne constitue même pas une partie particulière mais plutôt un mode de vie que j’ai acquis.

Mon médecin joue un rôle très important pour m’orienter, m’indiquer les principales exigences, mais personne ne réussira à gérer mon diabète plus que moi. Ma vie était en jeu, mais j’ai su la préserver rien qu’en comprenant la réalité du diabète. J’ai réussi ainsi mon bac, et je fais maintenant des classes préparatoires tout en étant en bonne santé et sans ressentir le moindre regret d’avoir choisi ce parcours.

Témoignage d’une relation amoureuse avortée à cause du diabète…

J’ai commencé à vivre une histoire fabuleuse avec une jeune diabétique. Pendant plusieurs mois, nous avons passé des moments inoubliables de bonheur et de tendresse qui resteront à jamais gravée dans ma mémoire.

Malheureusement, notre histoire d’amour n’a pu se poursuivre car ma famille proche et de nombreux amis se sont opposés ouvertement et m’ont demandé de ne plus penser à cette « diabétique » qui est condamnée à faire des complication, qui constituera pour moi un véritable fardeau et qui transmettra le diabète aux enfants..!!

Je n’étais pas armé pour leur expliquer la maladie et défendre mon amour. Sous leur pression continue, j’a cessé de voire mon amie qui était d’ailleurs très malheureuse et ne comprenait pas mon attitude discriminatoire à son égard….

Même si au fond j’ai regretté mon geste, je n’ai trouvé que ma plume pour traduire ma souffrance et exprimer la douleur interne qui me rongeait en silence…

Cette histoire m’a poussé à s’approcher par la suite du monde des diabétiques, à comprendre leurs difficultés et surtout à faire des études d’infirmier et surtout à lutter contre les préjugés et les idées reçues à l’encontre des jeunes diabétiques.

Si j’ai écrit mon histoire c’est pour me soulever contre cette discrimination sans fondements à l’encontre d’une frange de la population et crier haut et fort qu’il est temps d’arrêter de stigmatiser une maladie, qui n’en est pas une si le traitement et l’hygiène de vie sont bien compris.

Mon Diabète : entre le traitement médical et la nécessité de mon effort personnel

Je suis un universitaire âgé de 60 ans. J’ai découvert le diabète de type 2 en 2005 par hasard à l’occasion d’un taux glycémie de 2,5g/l. Je dois reconnaître que j’avais des indices de cette maladie sans le savoir.

En effet, je buvais beaucoup d’eau et j’allais aux toilettes pour uriner très souvent…

C’était difficile pour moi au début d’accepter cette réalité amère et de se soumettre à un régime alimentaire restreint et au traitement médical prescrit. Le contrôle trimestriel par prise de sang est devenu une habitude pour moi.

A près 3 mois de traitement par la prise de comprimés matin et soir, mon diabète s’est équilibré et le taux glycémie est descendu à 0.80 g/l de telle sorte que j’ai frôlé l’hypoglycémie. J’ai cru être guéri du diabète, mais mon médecin m’a fait comprendre qu’il s’agit d’une maladie chronique qui nécessite un traitement et un suivi régulier.

J’ai changé de médecin 4 fois pour comparer les avis et trouver le médecin qui m’explique les résultat des analyses et répond à mes questions. Malheureusement, ce n’était pas souvent le cas, certains médecins se contaient d’enregistrer les résultats des analyses et prescrivaient d’autres pour un prochain rendez vous, sans accorder le temps nécessaire pour expliquer et motiver le patient.

Le traitement du diabète consiste à éviter les conséquences néfastes de cette maladie sur les autre organes, grâce au traitement médical d’une part et à l’effort personnel d’autre part.

Le traitement médical est nécessaire selon les prescriptions du médecin traitant par la prises des médicaments prescrits, la régularité des analyses et des contrôles des yeux, du cœur, des reins, des pieds… auprès des médecins spécialistes. Mais, le traitement est insuffisant à lui seul, s’il n’est pas accompagné par un effort personnel et continu du patient.

En effet Le patient doit d’abord observer le régime alimentaire prescrit, sinon le traitement médical ne produira aucun effet. Le malade ne doit pas être victime de sa gastronomie et céder aux tentations; de ce fait, il doit abandonner ses anciennes et mauvaises habitudes alimentaires et s’adapter au nouveau contexte et suivre son hygiène alimentaire.

Par ailleurs le malade doit faire la marche tous les jours autant que possible et boire suffisamment d’eau.

C’est ainsi que j’ai pu équilibrer mon diabète, qui est aujourd’hui à 6,90% d’HbA1c avec une glycémie à jeun entre 0,90 et 1 g/l. Et surtout, je me sens rassuré et confiant dans l’avenir.

Diabétique, et alors ?

Cela faisait déjà un an que je sortais avec Marc, nous étions très proches, et je pensais avoir trouvé l’homme de ma vie. Bien que nous étions ensemble depuis déjà un an, je ne l’avais pas encore présenté à mon père, le grand Mr. Williams, le PDG de la plus grande entreprise de marketing. Déjà désinteressé de ma vie estudiantine, me considérant déjà comme héritière et à la tête de son empire, il se montre très soucieux quant au choix de mon partenaire.

Ce vendredi soir, mon père nous avait invité, Marc et moi, à un diner de famille. Ma mère est morte d’un diabète : diagnostiquée depuis plus de 10 ans, elle est morte à l’âge de 40 ans, à cause d’une hypoglycémie de nuit. Arrêt cardiaque dû au diabète, c’est ce que le légiste expliqua à mon père. Ce fut très dur pour mon père, j’avais à ce moment à peine 8 ans, mais je vis la souffrance dans les yeux de mon père pour la première fois de ma vie. Aussi fort qu’il laissait paraître, je le vis s’effondrer sans aucune retenue devant moi. Cela m’avait traumatisée. Le diabète dans la famille de ma mère est héréditaire, mon père me fait alors, depuis ce moment là des allers-retours récents chez le médecin pour vérifier mon état de glycémie. Je n’ai pas de symptôme de diabète héréditaire, heureusement.

Marc se montra très appréhendant à l’idée de ce dîner, ce que je pris très mal au début, mais il m’expliqua qu’il avait peur que mon père ne le trouva pas à la hauteur. Il est vrai que mon père pouvait se montrer très intimidant, mais au fond, c’est un papa, comme les autres. Très occupé, certes, mais comme tout autre papa, il ne veut que le meilleur pour sa fille. Et j’avais ajouté que je savais que c’était lui, le meilleur pour moi. Je le convains alors de venir.

Mon père était déjà entrain de nous attendre, quand j’arrivai, accompagné de Marc au restaurant. Nous nous assîmes, et mon père parla longtemps avec Marc, de sa vie professionnelle passant par familiale etc… Quand le serveur nous apporta le menu, Marc choisit comme à son habitude quelque chose de très équilibré, ni trop gras, ni trop sucré, en priant le serveur de ne pas ajouter une quelconque sauce à son plat respectif. Cela ne m’étonnait guère, Marc ayant été un sportif durant toute sa vie mais ayant dû arrêter à cause de manque de temps et de troubles de santé, il faisait tout de même très attention à son alimentation. Tout allait très bien, Marc et mon père semblaient bien s’entendre, quand Marc commença à transpirer abondamment et faire des gestes très peu coordonnés. Cela lui était déjà arrivé, c’était à cause du stress, je présume. Pourtant très vite, cela s’accentua et il perdu toute sa coordination, commença à s’agiter et à blanchir. Je regardai mon père, ne sachant que faire, tandis que Marc s’apprêtait à s’évanouir. Mon père, très calmement, appella le serveur et lui demanda une boisson sucrée, ce que j’essayai de faire boire à Marc ce breuvage qui sembla apaiser ses malheurs. Quand Marc retrouva ses esprits, mon père s’était levé de la table, et est allé je ne sais où, me laissant face à face avec Marc. Naïve, je lui demandai si c’était le stress qui lui a fait faire cela, quand mon père survint, et me répondit :

« – Le stress ?! Oh non ma fille, il est diabétique, n’est-ce pas Marc ?

Marc nous regarda tous les deux, à tour de rôle, puis baissa la tête, pour me répondre d’un « oui » à peine audible.

Je ne comprenais pas, j’étais avec cet homme depuis un an déjà et il ne m’avait jamais parlé d’une telle maladie. Ne me faisait-il pas confiance ? Pourquoi n’avais-je pas remarqué avant ? Je me sentais trahie. Je me levai et allai aux toilettes, laissant mon père et Marc seuls.

Quand je revins, je trouvai mon père seul à table. Je m’assieds devant lui, et entama une conversation :

« Ecoute papa, c’est vrai qu’il est diabétique, mais réllement, je m’en fous ! Je l’aime pour ce qu’il est, et diabétique ou pas, là n’est pas la question ! Il n’ a pas choisi cette maladie, par contre, moi je l’ai choisie, et il m’a choisi aussi.

Attention au diabète au diabète

Attention, attention ! Le diabète est là, il te guette comme un loup qui surveille sa proie.

Il attend le moindre faux pas de ta part pour faire sa place dans ton corps.

Il cherche à entrer en toi et à s’installer pour ne jamais partir.

Quand tu manges trop de sucre et de gras, à chaque bouchée que tu mets dans ta bouche, le diabète, lui, te mange.

Et plus tu manges mal, et plus le diabète te mange chaque jour un peu plus.

Lorsque tu manges de bonnes choses que ton ventre aime, tu es content, mais le diabète lui est encore plus content, parce qu’il trouve son terrain de jeu.

Quand tu ne bouges pas et que tu ne fais pas de sport, le diabète fait de toi son sport.

Ce n’est plus toi qui le travaille, c’est le diabète qui te travaille.

Quand tu fumes, tu crois que tu te sens bien, mais c’est le diabète qui se sent bien en toi, car il a un allié pour te détruire.

Tu crois que tu profites de la vie en faisant tout ça, mais c’est le diabète qui profite de toi, et se moque de toi.

Le diabète veut se donner de l’importance car il veut te coûter cher, mais toi, donnes toi de l’importance encore plus que lui, en étant cher à tes yeux, et en prenant tes précautions.

Alors, fait attention à toi et manges de façon saine et équilibrée, dépenses toi, et ne fumes pas comme une cheminée.

N’oublies pas que le diabète tue lentement et silencieusement, mais sûrement.

Il veut être un vainqueur et faire de toi sa victime.

Il veut te dominer, ne pas te lâcher, et faire de toi un dominé qui ne se redresse jamais.

Ne restes pas passif. Prends-toi en charge avant que le diabète ne le fasse.

Sois plus intelligent que cette maladie, et dépasse là avant qu’elle ne te dépasse.

Tu peux y arriver. Il suffit que tu veuilles. Si tu veux, tu peux.

Commences par faire un dépistage et prémunis-toi pour te protéger.

N’oublies pas que la prévention vaut de l’or et encore plus qu’une mine de diamants.

Et garde à l’esprit que la protection te met à l’abri.

Comme le dit l’adage : Il vaut mieux prévenir que guérir.

Comme le dit l’adage : Il vaut mieux prévenir que guérir.

Vivre avec le Diabète

Mes premières expériences avec cette maladie remontent à l’enfance. J’entendais autour de moi qu’une tante, un oncle, un cousin… est diabétique (Fih Soukar), sans que cela n’imprime en moi une quelconque détresse émotionnelle. C’était une maladie comme une autre, jusqu’au jour où, au milieu d’un conseil de classe, j’entends la voix de ma femme me dire « Kenza, notre fille est diagnostiquée diabétique avec une glycémie de 4,7g. Sur l’échelle de Richter : c’est un tremblement de terre capable de faire écrouler des immeubles. La distance avec la maladie s’est rapprochée : elle n’est plus chez le cousin, elle a frappé à ma porte et habite pour toujours dans ma fille.

Mes premières expériences avec cette maladie remontent à l’enfance. J’entendais autour de moi qu’une tante, un oncle, un cousin… est diabétique (Fih Soukar), sans que cela n’imprime en moi une quelconque détresse émotionnelle. C’était une maladie comme une autre, jusqu’au jour où, au milieu d’un conseil de classe, j’entends la voix de ma femme me dire « Kenza, notre fille est diagnostiquée diabétique avec une glycémie de 4,7g. Sur l’échelle de Richter : c’est un tremblement de terre capable de faire écrouler des immeubles. La distance avec la maladie s’est rapprochée : elle n’est plus chez le cousin, elle a frappé à ma porte et habite pour toujours dans ma fille.

Je suis croyant, je me remets à Dieu et fais confiance à la médecine. Ma fille a été admise en réanimation dans une clinique de Rabat. Les miracles dus au génie humain, le dévouement des médecins et des infirmiers ont pu sauvé ma fille.

Une semaine d’hospitalisation : Il fallait apprendre à vivre autrement pour avoir une vie normale. La sensibilisation à la diététique, l’hygiène alimentaire, les protocoles de soins, prises de sang pour les tests, les dosages et les piqûres n’étaient à mes yeux que contraintes.

Il fallait s’armer de patience et de courage. La tâche était insurmontable.

Nous partons à la maison. Nous sommes seuls face à ce nouvel invité. Nous devons apprendre à le dompter. L’état de santé de notre fille, à long terme, dépend de nous, parents. Ici, je rends hommage à mon épouse, c’est une femme patiente qui a le sens du devoir. L’environnement familial joue un rôle prépondérant dans la gestion de la maladie au quotidien.

Ne jamais montrer de détresse émotionnelle devant notre fille. J’ai du lui expliquer qu’elle ne souffre pas de maladie, mais qu’elle a une anomalie, il faut qu’elle apprenne à vivre avec. Le mot maladie est angoissant pour un enfant. Le but était de la rassurer pour évacuer la possibilité de laisser s’installer en elle une quelconque tension ou anxiété.

Une nouvelle vie commence pour elle et pour nous. Il faut changer de régime alimentaire : Comment faire des repas avec moins de glucides, moins de lipides, moins de chlorure de sodium, moins de calories et avec plus de goût. C’est de l’optimisation sous contraintes. Surtout avec la cuisine marocaine riche en tout.

Equilibre, calories, indice glycémique, hyperglycémie, hypoglycémie sont venus enrichir notre langage de tous les jours. On aurait aimé ne pas les connaître.

Avec le temps, la séance de test familial est devenue un réflexe. Le lecteur de glycémie étant sur la table à portée de main. A une de ces occasions, il y a 10 ans, suite à un choc émotionnel important, je me découvre avec un taux anormalement élevé.

Je ne me souviens pas d’émotion particulière sur le moment. Mais le temps passe et Ramadan s’approche. Mon diabète étant de type 2, je me devais de résoudre la question du « SIAM ».

Pendant ce mois sacré, les habitudes culinaires changent et souvent pas dans le bon sens pour un diabétique. Trouver une nouvelle façon de se nourrir, souvent pas compatible avec celle de la famille élargie. Paradoxalement, les amis français étaient plus attentifs à mon diabète que mes coreligionnaires. Les habitudes sont tenaces. Les conseils du médecin sont d’une importance capitale pendant cette épreuve. J’ai décidé d’observer le jeûne et de multiplier les contrôles de glycémie. Ne pas hésiter à le rompre si les taux sont anormaux.

J’ai vécu bon an mal an avec ma maladie. Observer le régime sur le long terme est parfois éprouvant. Il faut gérer le stress induit par la crainte d’être en hypoglycémie pendant la conduite, les séances de sport, le travail. L’angoisse d’être en hyperglycémie prolongée. Chercher en permanence l’équilibre. S’interroger continuellement sur l’efficacité du traitement, sur le mode de vie, une remise en question de tous les jours. Seul face à ce mal qui je sais ronge mon corps petit à petit. Les fêtes avec les amis ne sont pas pour arranger la situation.

Avec cette maladie les complications finissent toujours par se manifester: tension mal contrôlée, vertiges, fourmillements au niveau du pied gauche, stress et tremblements de la jambe gauche pendant la conduite. Tout cela n’est pas pour rassurer. Il faut réagir. Ici je ne peux m’empêcher de rendre hommage à mon médecin traitant. J’étais son patient. Elle est devenue patiente avec moi. Il faut trouver une solution. La mécanique est déséquilibrée. Il faut mettre de l’ordre. En plus des comprimés, elle m’a expliqué l’importance du traitement par insuline à ce stade, car ma glycémie à jeun était souvent très élevée, plus de 2 g/l.

La combinaison de deux médicaments (comprimés matin et soir), et une dose d’insuline (le soir), m’a aidé à équilibrer mon diabète sur toute la journée.

Depuis bientôt trois ans, mon fils aîné s’est déclaré aussi diabétique. Un malheur n’arrive jamais seul. En plus des prédispositions génétiques, je pense que le stress lié à l’examen du baccalauréat a contribué au développement de la maladie chez lui. Etant seul en France, le manque de temps et les difficultés liées aux prises de rendez-vous, la gestion de la maladie s’avère plus compliquée. Affaire à suivre…

En conclusion, je pense que le bien-être psychologique, les facteurs psychosociaux propices, le soutien familial, la confiance accordée au médecin traitant, une prise de conscience individuelle quand aux risques encourus sont de nature à favoriser une bonne prise en compte de son diabète afin de vivre mieux et éviter les complications que cette maladie peut induire.

Aujourd’hui, le diabète fait partie intégrante de la famille et de notre vie de tous les jours. Les contraintes sont certes nombreuses mais nous nous sommes habitués aux règles et aux précautions de surveillance et de traitement.

Grâce à l’équipe médicale, au soutien familial et à notre expérience cumulée, notre vie est paisible. Nous avons compris aussi que le diabète est là pour toujours et qu’il très important de l’apprivoiser et de vivre en paix avec lui que de l’ignorer ou de le sous estimer.

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