Le diabète est un trouble de l’assimilation, de l’utilisation et du stockage des sucres apportés par l’alimentation. Cela se traduit par un taux de glucose dans le sang (encore appel glycémie) élevé : on parle d’hyperglycémie.
Les aliments sont composés de lipides (graisses), protides (comme la viande) et glucides (sucres, féculents). Ce sont eux qui fournissent l’essentiel de l’énergie dont a besoin le corps pour fonctionner, passent dans l’intestin, puis rejoignent la circulation sanguine.
Quand on mange, le taux de sucre dans le sang augmente, les glucides sont alors transformés essentiellement en glucose. Le pancréas détecte l’augmentation de la glycémie. Les cellules bêta du pancréas, regroupées en amas appelés îlots de Langerhans, secrètent de l’insuline. L’insuline permet au glucose de pénétrer dans les cellules de l’organisme : muscles, tissus adipeux, et le foie où il va pouvoir être transformé et stocké.
Ainsi la glycémie peut augmenter légèrement, puis revenir à un taux normal et le glucose être converti en réserves et en énergie. Chez les personnes atteintes de diabète, ce système ne fonctionne pas.
Examen et diagnostic : comment savoir si on a du diabète ?
Prise de sang pour le dosage de la glycémie
Un dosage de la glycémie est pratiqué en laboratoire : un diabète est avéré lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1.26 g/l, à deux reprises ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée.
Les deux types de diabète
On distingue principalement deux types de diabète : le diabète de type 1 qui touche 10 % des diabétiques. Le diabète de type 2 qui en touche 85%. Les autres types de diabète concernent les 5 % restants.
La glycémie correspond au taux de sucre dans le sang, ce type de sucre est appelé glucose. Le taux peut être exprimé en grammes par litre (g/l) ou en millimoles par litre (mmol/l), un gramme par litre correspond à 5,55 millimoles par litre.
Le glucose est la principale source d’énergie de l’organisme. Le glucose présent dans le sang provient :
des aliments contenant des glucides (sucres des aliments) ingérés au moment des repas du foie.
Le foie produit du sucre à partir des glucides qu’il a stocké au moment du repas et à partir d’autres nutriments comme les lipides (graisses) ou les protéines.
La glycémie à jeun est avant tout le reflet de la production du sucre par le foie, après les repas elle reflète surtout de la quantité de glucides contenus dans le repas.
On parle de diabète lorsque la glycémie à jeun dépasse 1,26 g/l. Un tel taux n’occasionne le plus souvent aucun symptôme, mais peut avoir à long terme des conséquences graves pour la santé.
Une augmentation de la glycémie est causée par un manque ou une insuffisance d’action de l’insuline.
L’insuline est une hormone fabriquée par le pancréas qui est situé dans l’abdomen derrière l’estomac, c’est le principal facteur permettant de réguler la glycémie. L’insuline permet au glucose de rentrer dans les cellules, elle agit au niveau d’un récepteur comme une clef dans une serrure. Normalement dès que la glycémie augmente de l’insuline est sécrétée par le pancréas.
Dans le diabète de type 1, le pancréas cesse de produire de l’insuline. Dans le diabète de type 2, il y a à la fois un défaut d’action de l’insuline et un manque d’insuline. Ces deux phénomènes s’associent dans des proportions variables selon le stade de la maladie. Pour connaître la valeur de la glycémie on peut faire un dosage au laboratoire ou la mesurer à partir d’une goutte de sang prélevée sur un doigt à l’aide d’un lecteur de glycémie. Pour surveiller l’équilibre du diabète votre médecin demandera (tous les 3 mois environ) un dosage de l’hémoglobine glycosylée (HbA1c) qui est le reflet de l’équilibre sur les 2 mois précédents.
L’obtention d’un bon équilibre glycémique est un élément essentiel, mais n’est pas le seul objectif du traitement.
Il existe 3 types principaux de diabète :
le diabète de type 1
le diabète de type 2
le diabète gestationnel
1- Diabète de type 1
Maladie auto-immune, le diabète de type 1 est anciennement appelé diabète insulino-dépendant (DID). Il est habituellement découvert chez les sujets jeunes : enfants, adolescents ou adultes jeunes.
Les causes d’apparition de la maladie ne sont toujours pas claires. Certains scientifiques pensent que le diabète de type 1 est une maladie génétique qui a pour conséquence l’attaque de certaines cellules du pancréas. D’autres pensent qu’un virus peut être à l’origine de la maladie et inciterait le système immunitaire à attaquer le pancréas.
Comme les cellules du pancréas qui secrètent normalement l’insuline sont détruites, une personne atteinte de diabète de type 1 devra recevoir de l’insuline toute sa vie, grâce à des injections par stylo ou une pompe à insuline.
Les symptômes sont évidents : soif intense, urines abondantes, amaigrissement rapide.
2- Diabète de type 2
Le pancréas continue à secréter de l’insuline mais l’organisme y est devenu résistant. Il touche en général les personnes en surpoids lorsqu’elles commencent à prendre de l’âge. Bien qu’il soit également appelé « diabète de la maturité », le diabète de type 2 est de plus en plus fréquent chez les enfants et les jeunes adultes à cause du mode de vie actuel (manque d’exercice, nourriture trop riche…).
Le surpoids, l’obésité et le manque d’activité physique sont la cause révélatrice du diabète de type 2 chez des sujets génétiquement prédisposés. Sournois et indolore, le développement du diabète de type 2 peut passer longtemps inaperçu : on estime qu’il s’écoule en moyenne 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic.
Le diabète de type 2 est ainsi souvent considéré comme une maladie liée au style de vie. Cependant l’âge joue un rôle important, tout comme l’hérédité. Une personne dont un des parents développe un diabète de type 2 est davantage susceptible de faire un diabète de type 2.
Le diabète de type 2 se soigne par une alimentation équilibrée, de l’exercice physique et des médicaments (anti diabétiques oraux). Dans certains cas, l’injection d’insuline devient nécessaire.
3- Diabète gestationnel
Il s’agit d’une maladie que les femmes peuvent contracter au cours du 2ème trimestre de leur grossesse (environ 5 % des femmes enceintes). Contrairement aux diabètes de type 1 et 2, le diabète gestationnel disparaît après la naissance du bébé.
Lorsqu’une femme souffre de diabète gestationnel au cours de sa grossesse, elle est plus susceptible d’en souffrir à nouveau lors de sa prochaine grossesse et elle est exposée à un risque plus élevé de développer un diabète de type 2 par la suite. Plus une femme est enceinte à un âge avancé, plus le risque de développer un diabète gestationnel au cours de sa grossesse est élevé.
Le diabète gestationnel, appelé aussi « Diabète de grossesse », survient chez la femme enceinte vers la fin du 2e trimestre. Il peut durer le temps de la grossesse ou être révélateur d’un diabète antérieur.
Selon la définition de l’OMS* : «le diabète gestationnel est un trouble de la tolérance glucidique conduisant à une hyperglycémie de sévérité variable, débutant ou diagnostiqué pour la première fois pendant la grossesse.»
Au Maroc, le diabète gestationnel a tendance à augmenter et touche plus de 6%* des femmes enceintes.
Dans la majorité des cas, le diabète gestationnel disparaît après la grossesse. Il réapparaitra à l’occasion d’une grossesse ultérieure, de même qu’il peut aussi entraîner un diabète de type 2 quelques années plus tard, d’où l’importance du suivi après la grossesse des femmes ayant développé un diabète gestationnel.
Devant un certain nombre de signes pouvant faire évoquer un diabète :
Devant la présence de sucre dans les urines découvert lors d’un bilan :
Mais aussi chez des sujets :
Autres circonstances particulières :
Diabète de type 1
Dans le cas du diabète de type 1, en général les symptômes cliniques sont au premier plan et entrainent la consultation rapide chez le médecin. Le diagnostic ne tarde pas à être porté et le traitement insulinique institué. En cas de retard diagnostic, le pronostic vital est menacé et il n’est pas rare de voir des décompensations diabétiques aigües annonçaient un diabète méconnu ou négligé.
Diabète de type 2
A l’inverse, le diabète de type 2 est diagnostiqué souvent tardivement. Certains travaux suggèrent que le diabète de type 2 existe depuis 10 ans en moyenne lorsque le diagnostic est porté. Ce retard est associé à une importante prévalence des complications puisqu’au moment du diagnostic, 50% des patients présentent au moins une complication.
La question que l’on est amené à se poser est : Les patients identifiés et traités précocement ont ils un meilleur pronostic ?
Oui, selon les résultats des données des grandes études internationales, les patients diagnostiqués avec une glycémie plus faible avaient moins de complications au moment du diagnostic.
De plus et comparativement aux patients ayant une glycémie élevée au moment du diagnostic, les patients diagnostiqués avec la glycémie la plus basse ont une réduction du risque de :
mortalité, d’infarctus du myocarde, d’atteinte microvasculaire de pathologie vasculaire périphérique.
Ces données suggèrent qu’un diagnostic réalisé avec une glycémie plus basse, et donc probablement plus précocement dans l’évolution du diabète, est associé à un pronostic favorable. Ces résultats soulignent aussi l’importance de programmes de dépistage du diabète de type 2.
Ce dosage reflète le niveau moyen de la glycémie (taux de sucre dans le sang) au cours des 2 derniers mois. Il est obtenu à l’aide d’une prise de sang pour laquelle il n’est pas nécessaire d’être à jeun.
Le glucose (sucre présent dans le sang) se fixe sur l’hémoglobine. Cette protéine présente dans les globules rouges est responsable de la couleur rouge du sang, son rôle est de transporter l’oxygène des poumons jusqu’aux tissus. La durée de vie d’un globule rouge est de 120 jours, lors d’une prise de sang il y a un mélange de jeunes et de vieux globules avec une durée de vie moyenne de 60 jours ce qui permet de connaître rétrospectivement l’équilibre sur 2 mois. Plus la glycémie était élevée, plus le taux d’hémoglobine glycosylée (HbA1c) sera haut. Le dosage n’est pas standardisé c’est à dire que la valeur peut varier modérément d’un laboratoire à l’autre, le plus souvent la norme est comprise entre 4 et 6%.
C’est le dosage de référence pour juger de l’équilibre du diabète, c’est avec cet indice qu’il a été démontré qu’en améliorant l’équilibre il était possible de prévenir ou de stopper l’évolution des complications oculaires, rénales et neurologiques. Il doit être pratiqué tous les 3 mois.
Un des objectifs du traitement dans le diabète est de normaliser la glycémie. L’objectif optimal est d’obtenir une HbA1C inférieure à 7%, voire à 6,5%. A ce niveau, en l’absence d’effet secondaire le traitement est adapté.
Si sur deux dosages consécutifs l’HbA1c est comprise entre 6,6 et 7,5% une modification du traitement peut être envisagée. Votre médecin envisagera avec vous les causes possibles, les avantages te les inconvénients d’une modification de votre traitement. Pour une HbA1c supérieure à 7,5% une modification du traitement est recommandée. Ces objectifs doivent êtres individualisés en fonctions de nombreux facteurs : âge, présence de complications, état psychologique du patient, préparation ou grossesse en cours, …
Plus le niveau de l’HbA1c est élevé plus le risque de développer des complications est important. Quelque soit le niveau de départ, toute amélioration de l’HbA1c, même minime, réduit le risque de développer ou d’aggraver ces mêmes complications. La survenue des complications ne dépend pas que de l’équilibre glycémique, d’autres facteurs (tabagisme, pression artérielle, cholestérol,…) ont une grande importance.
Dans le cas du diabète de type 1, l’insuline est indispensable à la vie puisque le pancréas n’en fabrique plus. Ce traitement se fera par injection, et sera continu et permanent, le pancréas ne retrouvant pas sa capacité de production d’insuline.
Dans le cas du diabète de type 2, le recours à l’insuline est nécessaire dans certains cas, avec une administration soit transitoire soit définitive selon les situations.
L’insuline ne peut être administrée par la bouche car elle est détruite dans le tube digestif. Sites d’injection pour l’insuline Il est recommandé:
– Les zones qui présentent des lipodystrophies (bosse ou creux liés a une répartition anormale de la graisse) dans lesquelles l’absorption de l’insuline est aléatoire. Ce risque est accru en cas d’injection répétée au même endroit.
– L’abdomen en fin de grossesse.
– Il faut savoir que la vitesse d’absorption de l’insuline peut varier :
– Selon la région : abdomen> bras > cuisse > fesse
– Cette différence est moins nette avec les analogues rapides de l’insuline qu’avec l’insuline rapide habituelle. Néanmoins, cela explique que l’on recommande de privilégier l’abdomen lors des injections d’insuline rapide et les cuisses ou les fesses pour les injections d’insuline d’action plus longue. De même il est préférable de garder une même zone pour une injection réalisée à un même moment de la journée.
– Est augmenté si on réalise l’injection dans un membre qui réalise un exercice (éviter la cuisse avant d’aller courir ou de monter à vélo).
Conservation de l’insuline
Que ce soit à la maison ou en voyage, les patients sous insuline s’interrogent souvent sur les conditions dans lesquelles ils doivent conserver leur insuline.
La règle à mémoriser est simple :
D’autres conseils sont importants à retenir
Dans la prévention et le traitement du diabète, l’alimentation occupe un rôle central. Les effets bénéfiques d’une alimentation équilibrée sur la santé et le diabète (glycémie et équilibre glycémique) sont scientifiquement prouvés. Pour les diabétiques, manger équilibré n’est pas seulement bénéfique mais c’est aussi indispensable !
Les aliments contiennent en proportion variable des éléments nutritifs (nutriments) nécessaires au bon fonctionnement de l’organisme.
De quoi se compose notre alimentation ?
Les fruits et les légumes, par exemple, contiennent des glucides (sucres) en plus ou moins grande quantité, quelques protéines (protides) en très faible quantité, des vitamines, des minéraux, des antioxydants et peu ou pas de graisses (lipides). D’autres aliments ne contiennent que des glucides (le sucre en morceau) ou que des lipides (les huiles).
Aujourd’hui, notre rapport à la nourriture a beaucoup changé. Notre alimentation est de plus en plus riche en graisse et en sucre (gâteaux, patisserie, sodas,…). De plus, nous mangeons de plus en plus vite, des plats de plus en plus préparés, en oubliant que c’est l’alimentation qui nous apporte énergie et nous maintient en vie.
La cuisine marocaine, est pleine de saveurs, de couleurs et d’ingrédients divers. C’est sous cet angle possible de la variété, de la découverte et du plaisir, que passe aussi la connaissance de son alimentation. Hygiène alimentaire et prévention ne veut pas dire forcément privation…
Savoir ce que l’on mange
Sans être un expert en diététique, le diabétique doit avoir une bonne connaissance de l’alimentation :
les qualités et les défauts des aliments, de tel ou tel ingrédient…
les taux de glucides (la quantité de glucides contenu),
les apports caloriques et les équivalences entre les produits courants
l’index glycémique, c’est-à-dire la vitesse de passage du sucre dans le sang (même s’il varie selon plusieurs facteurs : type d’aliment, cuisson, accompagnement, moment de la prise…).
Il existe, par exemple, plusieurs types de glucides et de lipides.
Les glucides peuvent être différenciés en glucides simples, qui passent vite dans le sang : le sucre, les produits au goût sucré… Et les glucides complexes qui passent lentement dans le sang. Ils sont dits à index glycémique faible, car ils ne font pas beaucoup monter la glycémie, ce sont les féculents et particulièrement ceux qui sont riches en fibres comme les légumes secs : lentilles, haricots blancs…
Pour les graisses (lipides), les acides gras dit « insaturés » (souvent d’origine végétale ou présents dans les poissons comme : la sardine, le maquereau…) sont à privilégier sur les acides gras saturés souvent d’origine animale (beurre, fromages, crème, viande, oeufs…). Les premiers contiennent pour certains des omega 3 qui protègent contre les maladies cardiovasculaires. Tandis qu’en trop grande quantité et étalés sur plusieurs années, les seconds sont néfastes pour les artères, d’autant que ces graisses animales sont souvent riches en cholestérol.
Qu’est-ce qu’une alimentation équilibrée ?
Une alimentation équilibrée est composée en proportion suffisante de :
graisses ou « lipides » : 30 à 35% de l’apport calorique global (à titre de comparaison, l’alimentation actuelle est plutôt entre 35 et 45%).
de protéines ou « protides » : 12 à 15% (alimentation actuelle : entre 12 et 20%).
de sucres ou « glucides » : 50 à 55% (alimentation actuelle : entre 40 et 45%).
et doit contenir des vitamines, des minéraux et des fibres.
L’étiquetage et les informations sur les produits de grande consommation ont beaucoup progressé dans ce sens depuis quelques années. Il existe aussi des grilles par catégorie d’aliment qui servent d’aide mémoire et que l’on peut garder avec soi. Demandez conseil à votre médecin ou à un diététicien.
Les grandes règles de l’alimentation sont :
ne pas sauter de repas, manger à heure fixe
éviter les sucreries et les aliments trop riches qui ne sont d’ailleurs bons pour personne, diabétique ou pas
manger des glucides à chaque repas (pain, féculents, fruits….)
éviter la surconsommation de graisses (fromage, viande, œufs, saucisses, crème fraîche, beurre, huile……..)
pour les personnes ayant des traitements pouvant induire des hypoglycémies, avoir toujours avec soi des aliments permettant de les corriger.
chez les patients diabétiques de type 2, une perte de poids même modeste améliorent l’équilibre glycémique de façon notable.
équilibrer ses menus avec des aliments variés
commencer la journée par un bon petit déjeuner
– boire de l’eau en quantité suffisante tout au long de la journée…
– éviter le grignotage et faire attention aux excès lors des repas de fêtes ou d’occasion.
Un repas équilibré devrait comporter un aliment de chaque groupe soit :
1 légume vert cru ou cuit pour les fibres et vitamines
1 viande maigre, poisson, poulet sans peau ou œuf, pour les protéines
1 féculents et/ou pain pour les glucides
1 produit laitier pour le calcium
1 fruit pour les glucides, fibres et vitamines
Selon les habitudes alimentaires et le mode de vie de chaque patient ceci est adaptable, mais il est souhaitable de manger au moins un aliment de chacun de ces groupes par jour, pour le respect de l’équilibre alimentaire.
Le fractionnement alimentaire ou la prise de collation peut être proposé et adopté par les diabétiques mais ce n’est pas une obligation. Ceci doit tenir compte des objectifs glycémiques, de l’équilibre du diabète (HbA1c), du traitement et surtout des possibilités et habitudes de chacun.
Notion d’index glycémique
Pendant très longtemps, les glucides ou hydrates de carbone étaient communément classés en deux classes :
Les sucres rapides ou simples: fruits, sucre pur et dérivés, boissons sucrées… réputés alors comme hyperglycémiantLes sucres lents ou sucres complexes (amidon) : céréales et dérivés, tubercules, légumineuses… connus alors comme étant faiblement hyperglycémiant
Aujourd’hui, il est établi que la glycémie n’est pas toujours dépendante de la structure des glucides, c’est à dire qu’un sucre simple n’est pas forcément » rapide » et qu’un amidon n’est pas forcément » lent « . En effet, c’est plus que la structure simple ou complexe des glucides, c’est la nature même des sucres qui les composent qui détermine l’effet sur la glycémie.
L’aliment qualifié de référence, qui fait le plus monter la glycémie, est le glucose auquel l’index glycémique 100 est attribué, en fonction de son effet mesuré sur la glycémie, chaque aliment courant a un index glycémique déterminant son pouvoir hyperglycémiant, exprimé en pourcentage par rapport au glucose.
L’index glycémique d’un même aliment peu varier selon son mode de cuisson, son mode de conservation, etc….
Exemple d’index glycémiques d’aliments courants :
Dates, Glucose :100
Pomme de terre au four, baguette : 90
Bonbons gélifiés- Corn flakes, frites : 80
Ananas, soda, sucre Riz blanc, pain blanc, pain complet, croissant : 70
Banane, kiwi, glace, miel -Riz brun, maïs, pop corn, chips :60
Carottes, petits pois, raisin, chocolat -Pain noir, haricots blancs : 50
Pomme, orange, pêche, prunes Pâtes : 40
Abricot, pamplemousse, lait -Haricots rouges, lentilles : 30
Cerise : 20
Cacahuètes : 10
Lorsque l’on est diabétique, manger au restaurant n’est pas toujours facile. Les plats proposés sont alléchants, les portions copieuses et il est rare que les menus proposés soient bien équilibrés. Cependant, concilier recommandations nutritionnelles et restauration est parfois possible…
A condition de suivre quelques conseils simples pour limiter les dégâts, surtout si votre travail vous oblige à déjeuner quotidiennement hors de votre domicile, comme c’est le cas aujourd’hui pour de très nombreuses personnes.
Manger au restaurant une fois de temps en temps ne pose pas de problèmes particuliers. Il suffit de compenser cette sortie par un ou plusieurs repas plus légers à la maison. Profiter d’un moment festif et convivial fait partie des plaisirs de la vie et c’est parfaitement compatible avec une maladie chronique.
En revanche, si le restaurant fait partie du quotidien et que ces repas sont incontournables d’un point de vue professionnel, il faudra être plus attentif. Quel que soit le mode de restauration choisi, des règles simples vous permettront de composer des menus diététiquement « corrects » et gourmands.
Adopter de bons réflexes au restaurant, c’est :
Restaurant marocain, français, italien, chinois, indien, mexicain ou le traditionnel « fastfood », l’offre commerciale est de plus en plus variée. Par conséquent on peut se faire plaisir de temps en temps, sans risque pour sa santé. Il est surtout important de bien choisir dans chacun d’entre eux les plats les plus appropriés en termes : d’apports nutritionnels, de coût et de saveur.
Comme l’alimentation, l’activité physique prévient l’apparition du diabète et joue un rôle essentiel dans le traitement. Bouger, avoir une activité physique (pas forcément sportive dans un club, une simple dépense physique régulière suffit) contribue à l’équilibre glycémique.
Quels sont les bienfaits de l’activité physique sur le diabète ?
Les bienfaits sont nombreux :
Des bénéfices sur le long terme
Pendant un exercice physique, pour répondre à la demande en énergie et en oxygène des muscles, le coeur active sa pompe et envoie le sang dans les artères et les vaisseaux. L’augmentation du débit sanguin dilate les vaisseaux, entraînant une « oxygénation » du corps et des organes. Si elle est régulière, cette opération contribue à maintenir l’élasticité des artères, elle permet une bonne irrigation des organes.
En pratiquant une activité physique régulière, on maintient le muscle du coeur (et l’organisme tout entier) dans un entraînement régulier. Entraîné, le coeur a un meilleur rendement. Il est plus efficace, bat plus lentement (les grands sportifs ont un pouls à 45 – 50 battements par minute), se fatigue moins et s’adapte mieux aux demandes de l’organisme.
De plus, lors d’un exercice physique, une quantité importante de sucre est brûlée par le muscle, l’action de l’insuline s’en trouve améliorée.
Quels types d’activité physique ?
Aucune pratique sportive n’est en théorie interdite, et certains diabétiques sont des sportifs de haut niveau. Mais tout le monde n’a pas la même constitution !
Certaines activités seront à éviter ou à privilégier en fonction de votre profil. C’est une question de bon sens. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin.
D’une manière générale, on recommande les activités douces ou d’endurance dans lesquelles les muscles ont toujours assez d’oxygène pour brûler le glucose : natation, gymnastique, marche soutenue (30 minutes entre 4 et 6 km/h)…), footing, vélo, etc. Le tennis où le football, en revanche, demandent des efforts parfois brutaux et obligent l’organisme à aller au bout de lui-même (on parle d’exercice en anaérobie, car il n’y a plus assez d’oxygène pour brûler le sucre).
Règles de sécurité
Il reste que toute activité physique ou sportive n’est pas sans danger. Il faut se préparer à la reprise de l’exercice physique ou à la pratique d’un nouveau sport. Ce qui compte, c’est le plaisir, la régularité et le respect de quelques règles simples. Celles que vous transmet votre médecin, comme par exemple de vérifier sa glycémie avant, pendant et après l’effort, d’avoir du sucre sur soi en permanence; d’adapter son alimentation et ses doses d’insuline en fonction de l’activité choisie, etc. Et celles de tout exercice physique en général : bien s’échauffer, s’arrêter progressivement, s’hydrater, s’étirer…
Après l’âge de 50 ans, ou après 20 ans de diabète, si vous êtes sédentaire, il faut faire un bilan médical préalable avant de reprendre une activité physique ou sportive importante.
Activité physique et prévention des hypoglycémies
Le diabète ne doit pas être un obstacle pour pratiquer régulièrement de l’exercice physique. Néanmoins il faut connaître les risques liés à l’activité physique pour en apprécier pleinement les bénéfices : réduction du risque de maladies cardiaques et vasculaires, bien-être, intégration sociale, …
Que l’on soit diabétique de type 1 ou de type 2, le principal risque lors de la pratique du sport est l’hypoglycémie. Au cours de l’exercice, le muscle consomme du glucose et, en l’absence de diabète, la production d’insuline baisse rapidement autorisant une production de sucre par le foie qui maintient la glycémie normale. Chez les patients diabétiques qui prennent des sulfamides hypoglycémiants ou de l’insuline, cette régulation normale de la production d’insuline est modifiée par le traitement et la glycémie chute rapidement. Il est difficile de trouver l’équilibre entre l’intérêt d’une telle baisse de la glycémie et le risque de présenter un malaise hypoglycémique.
Pour prévenir ces hypoglycémies vous pouvez :
En cas d’exercice programmé :
En cas d’exercice programmé et prolongé associer une prise régulière de glucides selon l’évolution de vos glycémies capillaires (le plus souvent 30 grammes par heure). - En cas d’exercice non programmé prendre une collation avant le début de l’exercice .- Surveiller régulièrement vos glycémies capillaires y compris après l’exercice car le risque d’hypoglycémie persiste plus de 12 heures après la fin de celui-ci car l’organisme reconstitue ses réserves. En cas d’exercice réalisé dans l’après-midi il peut être utile de réduire la dose d’insuline ou de sulfamide du soir pour réduire le risque d’hypoglycémie nocturne. Une glycémie au coucher est recommandée avec la prise d’une collation si la glycémie est basse.
À l’opposé l’exercice peut augmenter le risque d’hyperglycémie avec cétose. Si votre glycémie est haute avant le début de l’exercice cela indique que vous manquez d’insuline. Dans ce cas, le sport ne fait pas baisser mais monter la glycémie. Vous devez donc différer la séance de sport si votre glycémie est supérieure à 2,5 g/l. Il faut recherche de l’acétone et éventuellement faire un supplément d’insuline associé à la prise d’une collation.
En cas de complication (cardiaque, rétinienne sévère, trouble important de la sensibilité des membres inférieurs) vous devez prendre les conseils de votre médecin pour choisir le type d’activité appropriée.
Enfin certains sports sont fortement déconseillés aux patients diabétiques, la plongée sous-marine, le parachutisme, l’escalade,… car une hypoglycémie pourrait avoir d’importantes conséquences.
Le meilleur surveillant du diabète est le patient lui-même. Ceci est aujourd’hui un grand acquis grâce à l’éducation du diabétique. En effet, lui seul peut adapter son traitement au jour le jour. La surveillance repose sur des contrôles de glycémie sur sang capillaire au bout du doigt faite par le patient lui même ou par son entourage. Les recherches de sucre et d’acétone dans les urines présentent aussi leur intérêt car ces paramètres renseignent sur la fonte des lipides (lipolyse) et donc sur le risque d’acidocétose (acétonurie) en cas d’hyperglycémie sévère supérieur à 3 g/l.
L’auto surveillance de la glycémie est la méthode idéale grâce aux progrès récents: autopiqueurs, bandelettes, lecteurs électroniques.
Les stylos autopiqueurs permettent, avec une douleur très atténuée, l’obtention d’une goutte. Le patient se pique de préférence au niveau doigts sur les faces latérales peu innervées. La goutte se sang est ensuite déposée sur une bandelette. Différents lecteurs électroniques sont disponibles. Ils permettent de déterminer automatiquement la glycémie à partir de la couleur de la bandelette.
Réalisation pratique de l’auto surveillance
Le contrôle des glycémies avant le repas est le plus important. Le contrôle post prandial (après les repas) permet de réguler l’insuline rapide administrée avant les repas. Le nombre de contrôles quotidiens est fonction du nombre d’injections d’insuline et des objectifs glycémiques.
Adaptation des doses d’insuline
Avec l’aide de l’équipe soignante, le patient doit être capable, à partir des taux de glycémie capillaire, de modifier les doses d’insuline qu’il doit s’injecter. Il doit analyser l’évolution des glycémies sur un créneau horaire de la veille pour déterminer la dose d’insuline à injecter le jour même. Il doit néanmoins tenir compte de la glycémie au moment de l’injection pour moduler un peu la dose prévue.
Cette éducation fait partie du rôle de l’équipe médicale. Elle doit être personnalisée en fonction du patient, de son âge, de son contexte socioéconomique et psychologique, de l’existence ou non de complications et du type de traitement prescrit.
Enfin, il faut souligner que chaque patient est un cas particulier et qu’il doit suivre scrupuleusement les conseils de son médecin traitant.