L’obésité des enfants constitue l’un des plus grands défis pour la santé publique au 21e siècle. Il s’agit d’un problème mondial qui affecte de très nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, en particulier en milieu urbain.
La prévalence s’est accrue à un rythme alarmant. On estime qu’en 2010 le monde comptait plus de 42 millions d’enfants en surpoids. Près de 35 millions de ces enfants vivent dans des pays en développement. Les enfants en surpoids et obèses risquent de rester obèses une fois adultes et sont plus susceptibles de contracter des maladies non transmissibles telles que diabète et maladies cardiovasculaires à un âge plus précoce.
Près du tiers de la population du Maroc, soit quelque 10,3 millions de personnes, connaît des problèmes de surpoids, une question de santé publique qui prend de l’ampleur depuis dix ans, souligne dans une étude le Haut commissariat au Plan (HCP) en 2011.
Selon cette enquête, menée par le HCP auprès de 2.426 ménages, le Maroc a réalisé des progrès notables dans la lutte contre la sous-nutrition.
Chez les enfants de moins de cinq ans, l’insuffisance pondérale est ainsi passée de 9,3% en 2004 à 3,1% en 2011, ce qui met le royaume en très bonne position par rapport à la moyenne mondiale (16%).
Pour les adultes de plus de 20 ans, ils ne sont plus que 3,3% à être concernés contre 3,9% en 2001.??En revanche, le Maroc voit apparaître de sérieux problèmes en matière d’obésité.??Au total, ce sont 10,3 millions de marocains adultes, dont 63,1% de femmes, qui sont en situation d’obésité ou de pré-obésité, résume le rapport.??Parmi ces personnes, 3,6 millions, soit près d’un adulte marocain sur cinq, est concerné par l’obésité grave et morbide.
Les femmes sont les plus touchées (26,8%), en particulier en milieu urbain.
Sur 10 ans, l’obésité grave et morbide a augmenté de 7,3% par an en moyenne, s’alarme le HCP, relevant que l’inactivité ainsi que les niveaux de vie et d’éducation influent sur ce phénomène.
Et l’on ne peut que se féliciter du plan d’action ministériel intersectoriel 2013-2016 en matière de santé scolaire et universitaire, ratifié récemment entre ministère de la santé, de l’enseignement, de la jeunesse et du sport et du haut commissariat au Plan et dont l’objectif est la promotion du mode vie sain et la lutte contre les maladies liées à la nutrition (obésité, diabète, …).
Comment mesurer l’obésité des enfants
Il est difficile d’élaborer un indice simple qui permette de mesurer le surpoids et l’obésité chez les enfants et les adolescents car leur organisme subit un certain nombre de changements physiologiques en cours de croissance. En fonction de l’âge, on dispose de différentes méthodes de mesure du poids corporel :
Pour les enfants entre 0 et 5 ans
Les Normes OMS de croissance de l’enfant, lancées en avril 2006, comportent des mesures du surpoids et de l’obésité pour les des enfants de moins de 5 ans.
Pour les 5-19 ans
L’OMS a élaboré des données de référence sur la croissance pour les 5-19 ans. Il s’agit d’une reconstruction des données de référence National Center for Health Statistics (NCHS)/WHO de 1977 qui utilise les données originales du NCHS complétées par des données tirées de l’échantillon des normes OMS de croissance de l’enfant pour les moins de 5 ans.
Pour les adultes
La mesure du surpoids et de l’obésité la plus communément utilisée est l’indice de masse corporelle (IMC).
Il correspond au poids en kilogrammes divisé par le carré de la taille exprimée en mètres (kg/m2).
L’IMC s’applique aux deux sexes et à toutes les tranches d’âge adultes. Il doit toutefois être considéré comme une indication approximative car il ne correspond pas nécessairement au même pourcentage de masse graisseuse selon les individus. L’IMC n’est pas encore utilisable dans le cas des enfants.
Les conséquences d’un mode de vie défavorable à la santé pendant l’enfance
L’obésité de l’enfant est associée à un risque accru de décès prématuré et d’incapacité à l’âge adulte.
Les enfants en surpoids et obèses risquent davantage de rester obèses une fois arrivés à l’âge adulte et de contracter des maladies non transmissibles telles que diabète et maladies cardiovasculaires à un âge plus précoce.
Dans le cas de la plupart des maladies non transmissibles provoquées par l’obésité, les risques dépendent en partie de l’âge auquel l’obésité est apparue et de sa durée.
Les enfants et les adolescents obèses en subissent à la fois des conséquences sanitaires à court terme et à long terme.
Les conséquences les plus graves du surpoids et de l’obésité de l’enfant, qui souvent ne se manifestent pas avant l’âge adulte, sont notamment :
De nombreux pays à revenu faible et intermédiaire doivent désormais affronter une « double charge » de maladie : tout en continuant à lutter contre les problèmes qu’engendrent les maladies infectieuses et la sous-nutrition, ils connaissent dans le même temps une augmentation rapide des facteurs de risque de maladies non transmissibles tels qu’obésité et surpoids, surtout en milieu urbain. Il n’est pas rare de voir cohabiter sous-nutrition et obésité dans le même pays, au sein de la même collectivité, voire sous le même toit.
Cette double charge est causée par une nutrition inadéquate de la femme enceinte, du bébé et du jeune enfant, suivie par la consommation d’aliments à forte teneur en graisses, très énergétiques et pauvres en micronutriments, ainsi que par un manque d’activité physique lorsque l’enfant grandit.
Le surpoids et l’obésité, aussi bien que les maladies non transmissibles qui les accompagnent sont dans une grande mesure évitables.
Il est admis que la prévention constitue le meilleur moyen d’enrayer l’épidémie d’obésité de l’enfant, car les traitements courants visent essentiellement à mettre le problème sous contrôle plutôt qu’a assurer une guérison.
Le but de la lutte contre l’obésité de l’enfant consiste à atteindre un équilibre énergétique susceptible d’être maintenu pendant toute la vie de l’individu.
Recommandations générales
Recommandations sociétales
Pour enrayer l’épidémie d’obésité de l’enfant il faut un engagement politique soutenu et la collaboration de nombreux intervenants publics et privés.
Les gouvernements, les partenaires internationaux, la société civile, les média, les ONG et le secteur privé ont des rôles vitaux à jouer pour créer des environnements sains et faire en sorte que les options alimentaires plus saines proposées aux enfants et aux adolescents soient abordables et facilement accessibles.
L’OMS a donc pour objectif de mobiliser ces partenaires et des les inciter à mettre en œuvre la Stratégie mondiale pour l’alimentation, l’exercice physique et la santé.
L’OMS est favorable à la définition, la mise en œuvre, la conduite et le suivi d’interventions. Une approche multisectorielle s’impose pour réaliser des progrès durables: elle mobilise l’énergie, les ressources et les compétences de tous les intervenants mondiaux impliqués.
Enfin, ne pas hésiter à consulter un spécialiste en endocrinologie diabétologie avant qu’il ne soit trop tard.
Une dyslipidémie est une anomalie du bilan lipidique pouvant concerner le cholestérol, les triglycérides ou les deux.
L’hypercholestérolémie correspond à un taux de LDL-cholestérol (ou « mauvais cholestérol ») supérieur à 1,6 g ou 4 mmol (millimoles) par litre chez l’adulte. ??Elle est systématiquement traitée puisqu’elle constitue un facteur de risque cardiovasculaire.
L’objectif est de faire baisser le LDL-cholestérol qui, en excès, est susceptible de se déposer dans les artères et de favoriser l’athérosclérose.
Un taux de HDL-cholestérol (ou « bon cholestérol ») trop faible, inférieur à 0,40 g ou 1 mmol par litre, compte aussi parmi les dyslipidémies.
L’hypertriglycéridémie est définie par un taux de triglycérides supérieur à 1,5 g ou 1,7 mmol par litre chez l’adulte. ??Une hypertriglycéridémie très forte fait courir un risque de pancréatite aiguë.
Les hypertriglycéridémies modérées, nettement plus fréquentes, ont pour principal inconvénient de s’accompagner d’une baisse du HDL-cholestérol (ou « bon cholestérol »).
Ces dyslipidémies sont souvent liées au mode de vie. Elles peuvent cependant avoir une origine génétique, ou être induites par certaines maladies ou certains traitements.
Une alimentation équilibrée, couplée à une activité physique régulière, constitue la base de la prévention et de la prise en charge des dyslipidémies.
Lorsque ces mesures d’hygiène et de diététique ne suffisent pas à normaliser le bilan lipidique, un traitement médicamenteux est prescrit. ??C’est également le cas pour les dyslipidémies familiales sévères, pour les personnes présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire, ainsi qu’en prévention secondaire (pour éviter une récidive de maladie cardiovasculaire).
Le dépistage repose sur une analyse de sang. Les paramètres dosés sont le cholestérol total, les triglycérides, le HDL-cholestérol et le LDL-cholestérol.
La description du sérum, clair, opalescent ou lactescent, contribue aussi à l’identification d’une anomalie lipidique.
Pour faire le diagnostic d’une dyslipidémie, il faut au moins 2 bilans lipidiques anormaux consécutifs effectués après 12 heures de jeûne.
Le médecin complète alors les investigations afin de déterminer l’origine de la dyslipidémie et de dépister d’éventuels autres facteurs de risque.
Il peut ainsi demander un dosage de thyréostimuline ou THS, de glycémie, de créatinémie, pour rechercher respectivement une hypothyroïdie, un diabète ou une insuffisance rénale.
Lorsque le bilan lipidique est normal, en l’absence de facteurs de risque cardiovasculaire, il suffit de le renouveler tous les 5 ans.
Il peut être réitéré plus souvent en cas de prise de poids excessifs, de survenue de diabète ou d’hypertension artérielle, ou de reprise du tabac.
Lorsqu’une dyslipidémie est diagnostiquée, le bilan lipidique est réitéré au bout de 3 mois, afin d’évaluer l’efficacité du traitement mis en place.
Ensuite, le médecin détermine la fréquence souhaitable des bilans.
Le dépistage d’une dyslipidémie chez l’enfant est recommandé en cas :
Un enfant porteur d’une dyslipidémie familiale doit bénéficier d’une prise en charge spécialisée.
Les dyslipidémies sont souvent liées au mode de vie. Elles peuvent cependant avoir une origine génétique, ou être induites par certaines maladies ou certains traitements.
Lorsqu’elles sont d’origine génétique, les dyslipidémies sont dues au dysfonctionnement d’enzymes intervenant dans la production ou l’élimination des lipoprotéines (chylomicrons, VLDL, LDL, HDL), qui sont les transporteurs du cholestérol et des triglycérides dans le sang.
Certaines formes familiales rares d’hypercholestérolémie ou d’hypertri-glycéridémie interviennent dès la petite enfance. Elles donnent lieu à des taux sanguins de cholestérol total ou de triglycérides très élevés, pouvant atteindre pour ces derniers jusqu’à 10 fois la norme.
Toutefois, la majorité des dyslipidémies est liée au mode de vie, et plus particulièrement à l’alimentation et à la sédentarité.
Elles sont fréquemment associées au surpoids, au diabète, au syndrome métabolique.
Se révélant à l’âge adulte, elles sont aussi plus modérées. Mais les formes familiales peuvent également se manifester ou s’aggraver du fait d’un mode de vie défavorable.??Enfin, les dyslipidémies peuvent être la conséquence de certaines maladies du rein, du foie, d’une hypothyroïdie, ou être induites par certains médicaments, tels que les corticoïdes ou la pilule contraceptive chez les femmes.
Une alimentation équilibrée, couplée à une activité physique régulière, constitue la base de la prévention et de la prise en charge des dyslipidémies.
En cas d’hypercholestérolémie, il est recommandé de :
Une telle stratégie permet, selon les individus, d’obtenir une baisse du LDL-cholestérol de 5 à 20 %.
En cas d’hypertriglycéridémie, il est conseillé de :
Dans tous les cas, la pratique d’au moins 30 minutes quotidiennes d’activité modérée, comme de la marche rapide, contribue à améliorer le bilan lipidique.
L’activité est également bénéfique pour prévenir d’autres facteurs de risque cardiovasculaire, tels que le diabète ou l’hypertension artérielle.
Enfin en cas de tabagisme, il est fortement recommandé de l’arrêter.
Un traitement médicamenteux est prescrit lorsque les mesures hygiéno-diététiques ne suffisent pas à normaliser le bilan lipidique, en cas de dyslipidémie familiale sévère, pour les personnes présentant plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire ou en prévention secondaire (pour éviter une récidive de maladie cardiovasculaire).
Les facteurs qui augmentent le risque cardiovasculaire sont :
Il est important de prendre en compte les facteurs de risque habituels, ainsi que d’autres données telles que le fait d’avoir déjà eu un accident vasculaire et de définir les objectifs du traitement.
En cas d’hypercholestérolémie, les médicaments recommandés en première intention sont les statines, dont les études ont démontré qu’elles réduisent le risque cardiovasculaire de 20 à 30%.
Lorsque le risque cardiovasculaire est élevé et que, par conséquent, l’objectif pour le LDL-cholestérol est très bas (moins de 1 g par litre), le médecin peut être amené à associer la statine à un médicament d’une autre catégorie, généralement l’ézétimide.
En cas d’hypertriglycéridémie, souvent couplée avec une hypoHDLémie, les médicaments prescrits sont les fibrates.
Le médecin évalue la tolérance à ces médicaments.
Les éventuels autres facteurs de risque cardiovasculaire (Diabète, hypertension artérielle,…) doivent aussi être pris en charge. Il est aussi fortement recommandé aux personnes présentant une dyslipidémie d’arrêter de fumer.