Effet du confinement sur le contrôle glycémique.

Effet du confinement sur le contrôle glycémique : à partir des données de contrôle continu du glucose.

Effects of COVID-19 Lockdown on Glucose Control: Continuous Glucose Monitoring Data From People With Diabetes on Intensive Insulin Therapy.
Maddaloni E, Coraggio L, Pieralice S et al.
Diabetes Care. 2020 Jun 5 : dc200954.

L'épidémie d'infection à SARS-CoV-2 a entraîné un confinement dés le 9 mars en Italie. Ce changement brutal dans la routine quotidienne des patients diabétiques a augmenté leur comportement sédentaire, modifié leurs habitudes alimentaires et aggravé l'anxiété.
Tous ces éléments peuvent modifier le contrôle glycémique. Cela est particulièrement important chez les patients sous multi-injections d'insuline ou sous pompe Sc en continu. Il s'agissait ainsi d'un modèle inédit pour examiner les effets de modification du mode de vie sur le contrôle glycémique.

L'étude porte sur le monitoring continu du glucose des 14 jours précédant le confinement et des 14 jours suivant le confinement. Le critère d'analyse était d'examiner « le temps dans la cible » et une modification de celui-ci de plus de 10%.
Les effets du confinement sur le contrôle glycémique ont été examinés dans la totalité des patients puis en sous-groupes : sous-groupe à haut risque d'hypoglycémie (N=17) quand le temps passé inférieur à la cible dépasse 4% et un sous-groupe de mauvais contrôle glycémique avec un temps passé dans la cible de moins de 50% (N=18).
Après avoir exclu les patients ayant eu contact avec leur diabétologue, 55 adultes ont été retenus.

Il y avait donc 55 adultes, 44% d'hommes, âge médian à 41 ans, durée médiane de diabète de 11 ans. Les étiologies étaient : auto-immunité dans 91% des cas, 5% de type 2 et 4% post-pancréatectomie. Les traitements étaient des multi-injections journalières dans 51% des cas et 49% de pompe sous-cutanée.
Quarante-huit patients ont télétravaillé ou arrêté de travailler. Trois ont continué de travailler à l'extérieur et 4 étaient en retraite.
Initialement, le temps moyen passé dans la cible était de 57%. Il n'a pas varié pendant le confinement. Il n'y avait pas de changement dans les différents sous-groupes et avec les différents régimes d'insuline.

Le sous-groupe à risque d'hypoglycémie a diminué sa médiane du temps passé sous la cible de 8 à 4%. Cela était accompagné de la diminution de la durée des hypoglycémies. Cependant, il n'y avait pas de modification du nombre d'évènements hypoglycémiques.

Ainsi, au total, les hypothèses d'un effet délétère du confinement n'ont pas été confirmées ou ont été contrebalancées par d'autres conséquences du confinement telles que l'amélioration des habitudes alimentaires (plus de consommation de faits maison), la diminution de la charge de travail et plus de temps pour faire face au challenge quotidien de la prise en charge du diabète.
Le confinement a obligé les gens à ralentir leur routine frénétique et cela a potentiellement permis un meilleur contrôle glycémique, une réponse plus rapide aux hypoglycémies.
L'échantillon de patients est faible et ne permet pas de généraliser, mais cela peut conforter nos patients sur leurs possibilités de prendre en charge leur diabète dans ces conditions.

 

 

 

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