Femmes diabétiques et augmentation du risque relatif de maladies vasculaires occlusives

Les femmes diabétiques sont soumises à une augmentation du risque relatif de maladies vasculaires occlusives

Sex-specific relevance of diabetes to occlusive vascular and other mortality: a collaborative meta-analysis of individual data from 980 793 adults from 68 prospective studies.. Lancet Diabetes Endocrinol 2018 ; 6 : 538-46.

Le diabète confère un risque relatif supérieur de mortalité d'origine vasculaire chez les femmes par rapport aux hommes, sans qu'on sache si cette augmentation du risque relatif chez les femmes persiste en fonction des groupes d'âge et de niveaux définis des autres facteurs de risque.

Dans le cadre d'une méta-analyse de données individuelles provenant de 68 études prospectives portant sur 980 793 adultes, un groupe collaboratif a réalisé une méta-analyse afin de déterminer si les différences dans les facteurs de risque classiques comme la pression artérielle, l'IMC, le tabagisme et le cholestérol expliquaient les risques relatifs supérieurs de mortalité vasculaire chez les femmes en comparaison des hommes. Dans leur méta-analyse, les auteurs ont obtenu les données individuelles de chacune des études qu'ils ont analysées et ont, en particulier, eu les informations sur l'âge, le sexe, le diabète, le cholestérol total, la pression artérielle, le tabagisme, la taille et le poids. Des données sur les causes de l'essai étaient obtenues à partir de certificats médicaux.
Les données individuelles ont pu être analysées auprès de 980 793 adultes au cours d'un suivi de 9.8 millions de personnes/année chez des participants âgés de 35 à 89 ans. 19 686 (35.6 %) des 76 965 décès ont été attribués à une maladie vasculaire occlusive. Après contrôle des facteurs de risque vasculaire majeurs, le diabète doublait le risque de mortalité vasculaire chez les hommes (rapport des taux de décès = 2.10 ; IC 95 % = 1.97-2.24) et triplait le risque chez les femmes (RR = 3 ; 2.71-3.31, p < 0.001). Dans les deux sexes combinés, les rapports de risque de décès vasculaires occlusifs étaient supérieurs chez les sujets les plus jeunes (âgés de 35 à 59 ans = 2.6 ; 2.3-2.94) en comparaison des sujets les plus âgés (70 à 89 ans ; 2.01 ; 1.85-2.19, p = 0.001 pour la tendance). Dans les différentes tranches d'âge, les rapports des taux de décès étaient supérieurs chez les femmes en comparaison des hommes. Ainsi, les femmes âgées de 35 à 59 ans avaient les taux de décès les plus élevés quels que soient l'âge et le sexe (5.55 ; 4.15-7.44). Toutefois, comme les taux de mortalité vasculaire ajustés aux facteurs confondants sous-jacents, quel que soit l'âge, étaient supérieurs chez les hommes en comparaison des femmes, l'excès absolu ajusté de mortalité vasculaire occlusive associé au diabète était similaire chez les hommes et chez les femmes. A l'âge de 35-59 ans, l'excès de risque absolu était de 0.05 % (0.03-0.07) par année chez les femmes en comparaison à 0.08 % (0.05-0.10) par année chez les hommes. L'excès de risque absolu à l'âge de 70-89 ans était de 1.08 % (0.84-1.32) par année chez les femmes et de 0.91 % (0.77-1.05) par année chez les hommes. Le cholestérol total, la pression artérielle et l'IMC étaient chacun associé de manière continue log-linéaire avec la mortalité occlusive vasculaire qui était similaire chez les sujets ayant ou non un diabète et cela dans les deux sexes.
En conclusion, indépendamment des autres facteurs de risque vasculaire majeurs, le diabète augmente de manière importante le risque vasculaire aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Des modifications du style de vie pour réduire le tabagisme et l'obésité et l'utilisation de médicaments qui ciblent le risque vasculaire majeur (statines ou antihypertenseurs) sont importantes aussi bien chez les hommes que chez les femmes diabétiques mais ne devraient pas réduire le risque relatif de pathologies vasculaires occlusives chez les femmes diabétiques, ce qui reste inexpliqué.
Il reste encore donc du travail à faire pour comprendre quels facteurs de risque expliquent l'excès relatif de risques de maladies vasculaires occlusives chez les femmes diabétiques.

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