Metformine et grossesse diabétique

Metformine au cours de la grossesse : pas d'inquiétude ?

Given J.E. et coll. : Metformin exposure in first trimester of pregnancy and risk of all or specific congenital anomalies: exploratory case-control study. BMJ 2018 ; 361 : k2477.

Si l'insuline est préférée à la metformine pour le traitement du diabète gestationnel, la metformine n'est pas contre-indiquée pendant la grossesse. L'émergence du diabète de type 2 chez les jeunes femmes en âge de procréer laisse d'autre part présager un certain nombre de fœtus exposés à la metformine en début de grossesse, sans compter que la metformine est prescrite dans le syndrome des ovaires polykystiques et parfois poursuivie après le début de la grossesse.

Toutes ces situations soulèvent la question de l'innocuité de la metformine pendant la grossesse. Les travaux ont montré que la molécule a une action sur la fonction de la cellule souche et qu'elle traverse la barrière du placenta à terme, exposant le fœtus à des concentrations proches de celles du sang maternel. Trois méta-analyses et une étude de cohorte n'ont pas montré d'augmentation significative du risque d'anomalies congénitales après exposition à la metformine. Une augmentation du risque d'anomalies spécifiques, après exposition à la metformine après le 1er trimestre de grossesse, ne peut toutefois être totalement exclue.

Une équipe européenne a rassemblé les données de 11 registres issus du réseau européen de surveillance des anomalies congénitales (EUROCAT), portant sur près de 2 millions de naissances en Europe, entre 2006 et 2013. Au total, 50 167 enfants présentant une maladie congénitale ont été répertoriés, 41 242 anomalies non génétiques et 8 925 anomalies génétiques, incluant les naissances d'enfants vivants, les morts fœtales à partir de 20 semaines de grossesse et les interruptions de grossesse pour anomalie fœtale.

Parmi les enfants présentant une anomalie congénitale, 168 (141 anomalies non génétiques, 27 génétiques) avaient été exposés à la metformine (3,3 pour 1 000 naissances). Les données sont très rassurantes puisqu'aucune preuve n'apparaît d'une augmentation du risque d'anomalie non génétique chez ces enfants exposés lors du premier trimestre de grossesse à la metformine (OR [odds ratio] = 0,84 ; intervalle de confiance à 95 % de 0,55 à 1,30).

Parmi 29 sous-groupes d'anomalies congénitales spécifiques pour lesquels au moins 3 cas d'exposition à la metformine étaient répertoriés, le risque d'atrésie ou de sténose ano-rectales apparaît augmenté par rapport aux sujets témoins. Mais l'association revient non significative après ajustement pour les facteurs confondants. Le seul lien significatif qui persiste est pour l'atrésie de la valve pulmonaire, mais cette anomalie a été notée aussi avec le diabète gestationnel. Et le signal retrouvé ici pourrait être le résultat de facteurs confondants résiduels.

Bien que ces données soient rassurantes, une poursuite de la surveillance semble nécessaire. Elle permettra d'obtenir une cohorte plus vaste et devra porter notamment sur l'atrésie de la valve pulmonaire. Il serait intéressant de suivre sur un plus long terme les enfants exposés in utero à la metformine, notamment du point de vue métabolique.

 

 

 

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