Diabète au Maroc

Le diabète : un vrai tsunami….

Le diabète est reconnu aujourd’hui, chiffres à l’appui comme une épidémie mondiale et un tsunami dont les conséquences humaines, sociales et économiques sont dévastatrices…

La gravité de la maladie tient aux multiples complications (cardiovasculaires, rénales, oculaires et neurologiques) qui surviennent en absence d’une prise en charge adéquate et aux coûts élevés engendrés en terme de dépenses, mais aussi en morbidité et mortalité. En effet, le diabète représente aujourd’hui au Maroc et dans le monde :

  • la première cause de mortalité par insuffisance rénale
  • la première cause de morbidité et mortalité par maladie cardiovasculaire, associé avec les autres facteurs de risque 
  • la première cause de cécité ;
  • la première cause d’amputation des membres inférieurs.

Qu’en est-il de la situation au Maroc?

 

Tout d’abord concernant la prévalence de l’affection, les dernières estimations nationales atteignent aujourd’hui 9% pour les personnes âgées de plus de 20 ans. Et si l’on considère les tranches d’âge au-delà de 50 ans, la prévalence dépasse les 14%. Ainsi, aujourd’hui environ un million et demi de personnes souffrent du diabète dans notre pays.

Faute d’une politique de dépistage planifiée et d’une collecte précise des données, le diagnostic de diabète est en général fait à l’occasion de symptômes évocateurs dans 50% des cas, voire même à l’occasion de décompensations métaboliques aigues, de complications cardiovasculaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde, accidents vasculaire cérébral, hypertension artérielle) ou dégénératives (insuffisance rénale, rétinopathie diabétique, neuropathie et pied diabétique) dans plus de 25 % des cas.

Ce qui signifie que pratiquement 50% s’ignorent des diabétiques et ne seront dépistés que tardivement.

Au plan métabolique, la qualité du contrôle glycémique est très insuffisante dans la majorité des cas expliquant la fréquence des décompensations acido-cétosiques observées. Si cette dernière est relativement rare chez le diabétique de type 2 (1 patient sur 5), il en est autrement chez le diabétique de type 1 puisqu’un diabétique sur 2 a fait au moins un épisode d’acido cétose. D’ailleurs, il n’est pas rare encore de voir un tel accident révéler un diabète jusqu’ici méconnu.

Les accidents hypoglycémiques rencontrés essentiellement chez les diabétiques de type 1 (4 diabétiques sur 5) ne sont pas fréquents dans nôtre contexte. Leur survenue est généralement liée au non suivi des recommandations nutritionnelles et diététiques et de manipulation de l’insuline. Cette relative rareté des hypoglycémies est en rapport avec l’hyperglycémie chronique et le mauvais contrôle de la maladie.

Ces problèmes métaboliques illustrent les insuffisances en matière de prise en charge, de traitement, de surveillance et d’éducation diabétique.

D’autre part, les complications cardiovasculaires représentées par l’athérome sont de plus en plus fréquentes. Qu’il s’agisse de l’hypertension artérielle, de l’artérite des membres inférieurs ou de la coronarite, observées dans au moins 25 % des cas, le risque de morbidité est majoré et de mortalité multiplié par 3.

Quant aux complications dégénératives qui dépendent étroitement de la qualité du contrôle et de l’ancienneté de la maladie, elles sont encore fréquentes et menaçantes.

La néphropathie diabétique constitue une autre cause de mortalité puisque l’insuffisance rénale est observée dans 15 % des cas et que 25% des dialysés sont des diabétiques. A ce stade d’évolution, seul un programme d’hémodialyse chronique permet d’assurer la survie. Or, seule une minorité de patients en insuffisance rénale terminale accèdent aujourd’hui à l’épuration extra-rénale. D’ailleurs à ce stade d’évolution, le coût de la prise en charge est très élevé et la qualité de la vie et le confort quotidien sont très affectés.

Concernant la rétinopathie diabétique, 1 diabétique sur 3 en est atteint. Les formes sévères et proliférantes, particulièrement graves compte tenu du risque hémorragique et de cécité ne sont pas rares. Elles nécessitent parallèlement au bon contrôle de la maladie, des séances de photo coagulation rétinienne au laser. Or là aussi, seule une minorité de patients accède à ces possibilités thérapeutiques.

Un autre handicap physique majeur est représenté par la neuropathie diabétique souvent discrète, périphérique et végétative (polynévrite, impuissance sexuelle, diarrhée…). Cette complication, particulièrement invalidante chez de nombreux diabétiques, touche 30 à 40 % des patients et retentit sévèrement sur la qualité de leur vie de tous les jours.

On doit également mentionner le problème fréquent du pied diabétique qui concerne particulièrement les diabétiques de type 2 avec tous les risques d’amputation qui sont réels. Cinq à 10% des diabétiques subissent une amputation d’orteil, de pied ou de jambe. La sensibilisation et l’éducation des personnes à risque dans le cadre d’une prise en charge organisée du diabète permet de réduire de façon significative la fréquence et la gravité de cette redoutable complication tant au niveau du coût engendré (multiples hospitalisations et soins) qu’au niveau du nombre et de l’importance des amputations.

A tout cela, il faut ajouter le risque majoré d’infections diverses : cutanées, urinaires pleuro-pulmonaires, oto-rhino-laryngologiques… Quelles soient bactériennes, tuberculeuses, virales… ces infections sont favorisées par l’hyperglycémie chronique et la présence de complications diabétiques. Pour ne citer que l’exemple de la tuberculose pulmonaire, 10 % des diabétiques font ou en ont fait.

Devant ce tableau dramatique, on ne peut omettre d’évoquer les problèmes rencontrés par l’enfant diabétique dont la prise en charge et le traitement laissent à désirer, ce qui retentit sur sa croissance, sa personnalité, sa scolarité et l’expose à plus ou moins brève échéance aux redoutables complications diabétiques. De plus, les problèmes spécifiques à la puberté et plus tard ceux liés à l’insertion socioprofessionnelle du jeune diabétique ne feront que compliquer une situation déjà précaire.

Il en est de même de la grossesse diabétique qui constitue un risque majeur pour la mère et pour le fœtus. On estime encore que 50% des grossesses diabétiques sont compliquées (avortement, malformations fœtales, accouchement prématuré, macrosomie, mortinatalité ….). Or dans ces cas, seule une surveillance stricte du diabète et de son traitement, avant la conception, pendant et durant tout la période de la grossesse et pendant l’accouchement permet d’éviter la plupart des complications et d’obtenir le déroulement normal de la grossesse et de l’accouchement.

Or, toutes ces complications fonctionnelles et/ou vitales avec leurs conséquences socioprofessionnelles et économiques dramatiques ne constituent plus une menace comme par le passé, car elles peuvent être prévenues si une prise en charge précoce et structurée est assurée par l’Endocrinologue Diabétologue.

En effet, le bon contrôle de la maladie (auto surveillance et auto contrôle glycémique..), la lutte contre les facteurs de risque (Hypertension artérielle, hyperlipidémie, tabagisme, obésité, sédentarité), la mise en place de programmes éducatifs et le suivi des mesures hygiéno-diététiques dans le cadre d’une prise en charge organisée du diabète a permis de réduire de façon importante l’intensité et la sévérité des complications, le coût de la maladie et améliorer le confort quotidien du diabétique.

Dans ce cadre, le rôle de l’éducation, de l’information et de la formation du diabétique et de son entourage sont essentiels pour améliorer les résultats et réduire les risques métaboliques et vasculaires. Les objectifs précis en fonction de chaque patient, la qualité de la relation soignant - soigné et le climat de sécurité et de confiance mis en place et développé sont indispensables pour sensibiliser et motiver le diabétique.

Ce n’est que par une participation active et un suivi rigoureux que le diabétique peut espérer ne plus courir de risques graves et surtout évitables. C’est la raison pour laquelle, l’éducation diabétique doit être considérée et à juste titre comme l’un des piliers les plus importants pour le traitement et la prise en charge du diabète dans notre pays.

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